Des chercheurs de l'Université
d'Etat de Campinas (Unicamp) ont montré que le facteur majeur
d'infection par Helicobacter pylori, une bactérie qui infecte le
revêtement muqueux de l'estomac chez l'Homme, est lié à la condition
socio-économique de la population. L'apparition de la maladie est
plus fréquente dans les premiers mois de la vie, chez les enfants
issus de familles à revenus limités.
Les travaux de
recherche, réalisés au sein du Laboratoire de Bactériologie du
Gastrocentre de l'université, sous la coordination du Professeur
José Murilo Robilotta Zeitune, du Département de Médecine Clinique
de la Faculté des Sciences Médicales, avaient pour but de vérifier
la prévalence de l'infection par la bactérie auprès d'enfants âgés
de six ans et moins, et appartenant à des familles à revenus
considérés comme élevés, moyens et faibles.
Selon Zeitune,
l'infection par Helicobacter pylori affecte 50% de la population
mondiale, en particulier dans les pays en voie de développement.
Elle peut causer gastrite, ulcère et cancer gastrique. Des études
épidémiologiques suggérent que cette bactérie se transmet par les
voies orales et fécales. Outre le revenu moyen par famille, qui peut
être directement associé à la probabilité d'être infecté par la
bactérie, d'autres facteurs, comme les conditions d'hygiène et de
salubrité basiques, influent également sur l'apparition de
l'infection.
Dans cette nouvelle étude, 218 enfants ont été
soumis à l'analyse, dont 92 appartenant à des familles à faibles
revenus, 64 issus de familles à revenus moyens, et 62 issus de
familles à revenus élevés. La présence de la bactérie a été détectée
dans des échantillons d'excréments sur la base de l'identification
de l'antigène fécal de H.pylori (HpSA). Les résultats ont montré que
la probabilité d'infection chez les enfants issus de familles à
faibles revenus était de 47,8%, contre 13,5% chez les enfants de
familles à revenus moyens, et 3,2% chez les enfants de familles à
revenus élevés.
Zeitune explique encore : "En ce qui concerne
l'acquisition de l'infection, les données ont révélé que 16,7% des
enfants de famille à faible revenus ont été infectés dès les
premiers mois de la vie, alors que 18,1% des enfants à revenus
élevés furent infectés vers l'âge de 3 ans à peine." Ainsi, les
résultats suggèrent que la probabilité d'infection à H.pylori est
plus importante chez les enfants de bas niveau social, et que
l'infection par la bactérie intervient précocément chez ces
enfants.
Une des contributions majeures de ces travaux de
recherche repose dans l'utilisation d'une méthode non-invasive
(HpSA) pour le diagnostic de l'infection par H.pylori dans la
population pédiatrique, méthode qui présente, qui plus est, des
résultats similaires à ceux obtenus par les méthodes
traditionnelles. Cette méthode immunoenzymatique non-invasive a été
décrite initialement par des chercheurs italiens, puis mise au point
par les chercheurs du Laboratoire de Bactériologie du Gastrocentre
de l'Unicamp il y a près de huit ans. "Le diagnostic précoce réalisé
de façon pratique et rapide peut mener au développement de thérapies
et programmes de prévention à l'infection" selon
Zeitune.