Le Brésil est en passe de détenir son premier train à lévitation magnétique. Ce train, baptisé MagLev-Cobra, à cause de sa conception désarticulée, sera capable de prendre des courbes avec un rayon de 30 mètres, et de supporter des déclivités de 15%.
Le MagLev-Cobra est cours de développement au sein du Laboratoire d'Aplication de Superconducteurs de l'Université Fédérale de Rio de Janeiro (Lasup/UFRJ), de l'Ecole Polytechnique et de l'Institut Alberto Luiz Coimbra de Master et Recherche en ingénierie (Coppe). Le développement est soutenu par la FAPERJ (Fondation d'appui à la recherche de l'Etat de Rio de Janeiro). Le projet d'installation du MagLev-Cobra qui va se déplacer grâce à un champ magnétique alimenté par électricité, prévoit aussi l'implantation du train sur le campus de l'Ilha do Fundão d'ici à 2011.
A Rio de Janeiro, le MagLev aura une application inédite : il sera une alternative au transport urbain. Le coordinateur de l'étude, Richard Stephan, explique : "Notre proposition n'existe pas encore dans le monde parce qu'elle est tournée vers le transport urbain, ce qui exige une vitesse réduite sur des courtes distances. En Allemagne et au Japon, par exemple, les trains à lévitation magnétique sont voués au transport à grande vitesse et sur de longues distances."
La technologie du train à lévitation est basée sur la formation d'un champ magnétique de répulsion entre les voies et les modules de lévitation, qui sont des pastilles superconductrices se substituant aux roues et qui sont composées d'yttrium, de baryum et de cuivre. Afin de générer ce champ magnétique, les scientifiques refroidissent les superconducteurs jusqu'à la température critique de -196°C grâce à de l'azote liquide.
Pour tester le train, dépourvu de roues, plusieurs étapes se sont succédées. "Lors de la première phase, nous avons construit un modèle à échelle réduite pour les expériences. Le prochain pas est de faire un prototype à taille réelle, qui opérera sur une ligne de test de 114 mètres, dans le Centre de Technologie (CT) de la UFRJ", dit Stephan. Suite à ces tests, le MagLev devrait servir au transport collectif sur la totalité du campus universitaire.
Le train devrait donc se substituer en partie à la flotte d'autobus qui dessert le campus, avec une capacité de transport de 254 passagers par voyage. Mais le projet est encore plus ambitieux. Le train à lévitation pourrait aussi profiter au système de transport public de la ville de Rio de Janeiro, en reliant des points stratégiques tels que l'aéroport international, sur l'Ile du Gouverneur, et l'aéroport Santos Dumont, dans le centre. L'insertion des voies de train serait a priori aisée, étant données la légéreté du train et l'élévation des voies.
L'installation facile du train permettrait également de réduire le coût d'implantation du train dans la ville, inférieur à celui du métro selon les premières estimations faites à partir du prototype à taille réelle. Le MagLev se déplacera à une vitesse de 70 km/h, similaire à celle du métro, mais avec l'autre avantage d'être silencieux et non polluant. Selon Stephan, en comparaison avec un train électrique, "il va consommer la moitié de l'énergie qu'un train électrique utilise pour se déplacer parce qu'il est plus léger et qu'il démontre moins de résistance aux frottements".